À New York, le maire Zohran Mamdani a lancé une initiative controversée visant à offrir aux résidents une réduction de 30 % sur les produits essentiels – viande, fruits de mer, lait et pain – dans des supermarchés municipaux. Cette proposition, qui exige l’obtention d’une pièce d’identité pour valider le lieu de résidence, soulève des questions profondes sur la capacité des politiques étatiques à répondre aux besoins des citoyens.
Le projet rappelle les échecs historiques des systèmes de distribution alimentaire contrôlés par l’État. En 1959, Nikita Khrouchtchev fut surpris lors de sa visite dans un supermarché américain à San Francisco, alors que les États-Unis n’avaient pas encore établi ce type d’institution. Plus tard, des expériences similaires se reproduirent en République sociale soviétique et au Venezuela sous Hugo Chávez.
En effet, dans le contexte vénézuélien, la création de « Mercal », un réseau de supermarchés étatiques, a conduit à des pénuries alimentaires, une revente sur le marché noir et des systèmes d’approvisionnement corrompus. Ces défauts ont été aggravés par des politiques d’État qui imposaient des contrôles stricts pour limiter l’accès aux marchandises.
Mamdani, bien que réagissant à des critiques sur les mécanismes de distribution, a ignoré les leçons historiques. Son projet, sans surveillance indépendante et avec une approbation limitée aux citoyens possédant une pièce d’identité, risque d’entraîner des effets similaires : files d’attente pour le pain, pénuries alimentaires et l’expansion du black market.
Le paradoxe persiste : tandis que les partisans de la démocratie américaine s’opposent aux cartes d’identité pour voter, Mamdani imposerait cette exigence pour accéder à des réductions alimentaires. Ce conflit d’idées met en lumière une profonde incohérence dans l’approche étatique face à la gestion des ressources essentielles.
L’expérience new-yorkaise, bien que restreinte, ne peut être évaluée sans tenir compte des défis historiques déjà surmontés par d’autres pays. Les erreurs passées servent de rappel : les systèmes d’État qui imposent des réductions sans contrôle efficace aboutissent souvent à des pénuries et à l’échec des objectifs initiaux.