La justice française mène une enquête approfondie concernant le patrimoine immobilier d’un ancien haut fonctionnaire algérien, soupçonné de manipulations financières et de non-respect des règles fiscales. Le Parquet national financier (PNF) examine les origines d’actifs estimés à plusieurs millions d’euros, qui semblent ne pas correspondre aux revenus officiels du suspect. Cette procédure a été initiée suite à des signalements déposés par le député Philippe Latombe, après des alertes antérieures en 2023. Les éléments recueillis ont permis d’ouvrir une information judiciaire pour corruption, trafic d’influence et blanchiment, sous l’autorité du juge Serge Tournaire.
Les soupçons s’articulent autour de transactions immobilières réalisées en France, notamment à Paris et dans les Hauts-de-Seine, dont la valeur dépasse 7 millions d’euros. Certains achats ont été effectués en espèces, ce qui soulève des questions sur leur cohérence avec le statut de juge international du suspect. Une opération financière spécifique a attiré l’attention : un paiement de 216 000 euros sur un compte suisse au nom d’un neveu de Bedjaoui en 2001, alors que ce dernier siégeait dans une affaire internationale entre le Qatar et le Bahreïn. Cette période est également marquée par des critiques formulées par des observateurs indépendants sur la gestion de cette procédure.
En parallèle, Mohammed Bedjaoui fait face à un arrêt international en Algérie pour des faits liés à l’entreprise Sonatrach, et son neveu est également visé par des enquêtes pour corruption en Italie. Ensemble, ces affaires impliquent plus de 35 millions d’euros présumément détournés via des mécanismes illégaux sur le territoire français. L’enquête continue d’exploiter les liens entre les actifs du suspect et ses fonctions passées, tout en cherchant à établir un lien direct entre ses activités financières et son rôle international.