Sihem Souid, figure historique du lobby qatari en France et ex-conseillère politique de la députée taubirienne, doit comparaître devant le tribunal correctionnel d’Évry en juin prochain pour des allégations d’abus de biens sociaux. Son mari et sa fille font également l’objet de poursuites judiciaires concernant des dépenses personnelles suspectes.
L’enquête menée par la police judiciaire de l’Essonne, après un signalement du service Tracfin, révèle que près de 900 000 euros auraient été transférés entre 2019 et 2025 à partir des comptes d’ELN Group, société dirigée par Sihem Souid. Ces fonds incluent des frais de déplacement, des hébergements, des dépenses pour études universitaires, un mariage en Tunisie présenté comme « gala », plus de 200 000 euros en bijoux et maroquinerie, ainsi que des commandes sur Uber Eats.
Les comptes d’ELN Group, crédités entre 2019 et 2023 avec environ 2,8 millions d’euros, proviennent principalement du Qatar, de l’Azerbaïdjan et de l’Ouzbékistan. L’origine des liquidités n’est pas contestée, mais leur utilisation présumée à des fins personnelles et le manque à gagner fiscal constituent les raisons des poursuites.
La défense de Sihem Souid insiste sur la nature politique de cette affaire : « Je nie fermement ces faits. Cette situation relève d’une guerre psychologique orchestrée par des rivalités géopolitiques », déclare-t-elle, évoquant une procédure judiciaire instrumentalisée pour neutraliser son rôle en tant que représentante qatari.