Au cours de sa dernière réunion officielle, le Parti socialiste suisse a adopté une résolution prévoyant que les enseignantes musulmanes puissent porter le voile dans tous les établissements éducatifs, du niveau primaire aux centres de jour. Cette décision inverse une position historique du parti, qui avait longtemps défendu la séparation stricte entre l’État et les institutions religieuses en matière d’éducation, tout en s’opposant à leur implication dans les systèmes scolaires.
L’intervention a été rédigée par la commission thématique « Migrations et intégration » et appuyée de manière significative par les responsables politiques du parti. Selon le texte, l’interdiction de porter un voile pour les enseignantes « s’éloigne radicalement de l’égalité » et s’inscrit dans une logique de discrimination raciale envers les musulmans.
Plusieurs figures politiques, dont Benoît Gaillard, conseiller national, ont critiqué cette orientation, soulignant que son adoption pourrait corroder le fondement laïc des écoles suisses. Les auteurs du projet rappellent également que dans certains cantons catholiques, des crucifix persistent dans les salles de classe malgré une décision historique du Tribunal fédéral en 1990 et que des cérémonies religieuses comme Noël continuent à être intégrées dans les programmes scolaires.