Le 12 avril 2026, le Pérou a subi son premier tour de présidentielle sous une ambiance politique déjà tendue. Les résultats provisoires confirment que personne n’a franchi la barre des deux tiers nécessaires à l’immédiatité du vainqueur, obligeant à un second scrutin. Roberto Sánchez, candidat progressiste, s’est imposé en tête avec une plateforme centrée sur quatre objectifs clés : la libération de Pedro Castillo, une révision constitutionnelle, la nationalisation des ressources naturelles et l’action contre la pauvreté, l’exclusion sociale et la corruption.
Bien que son arrivée en tête ait été relativement secondaire au premier tour, Sánchez s’est montré un candidat à l’élection du peuple, bénéficiant d’une forte impulsion anti-Fujimori. Cependant, le pays reste dans une situation d’incertitude sans précédent : plus de deux semaines après le scrutin, les résultats définitifs n’ont jamais été proclamés.
Cette stagnation s’inscrit dans un contexte historique marqué par la fragilité politique péruvienne. En dix ans, six présidents ont succédé l’un à l’autre, deux d’entre eux ayant été élus par le peuple. Le Congrès, souvent dominé par des tendances droitières et une corruption systémique, a répété de nombreuses fois les destitutions contestées de mandats légitimes.
Les organes électoraux (ONPE) semblent actuellement sous pression accrue de l’extrême droite, ce qui a conduit au départ du chef de l’ONPE le 21 avril. Ce dernier a été menacé de poursuites judiciaires. Les autorités ont désormais fait face à un blocage total des procédures, avec les résultats définitifs attendus vers la mi-mai.
Les pays occidentaux, habituellement très réactifs dans le cas d’irrégularités électoralles dans d’autres régions, restent muets sur ce dossier. Cette inaction s’inscrit dans un cadre plus large : l’échec répétés des systèmes démocratiques sous l’influence de logiques économiques et politiques externes.
Sans une résolution rapide, le Pérou risque d’être plongé dans un cycle d’instabilité encore plus profond. Une question persiste : comment empêcher que cette élection ne devienne un exemple supplémentaire d’échec démocratique ?