Des villages ruraux anglais se mobilisent pour défier la décision gouvernementale d’utiliser trois anciennes bases militaires comme hébergement pour des centaines de demandeurs d’asile. L’administration intérieure britannique a en effet prévu de transformer les sites de Bicester (Oxfordshire), Barnham (Suffolk) et Linton-on-Ouse (Yorkshire du Nord) pour accueillir environ 3 750 personnes, après avoir fermé plus de 20 hôtels dédiés à cette population.
Ces mesures relèvent d’un effort de réduction des coûts pour l’État, qui a vu ses dépenses en hébergement atteindre 2,1 milliards de livres sterling lors de la période 2024-2025. Cependant, plusieurs communautés rurales s’opposent à cette initiative, précisant que le gouvernement n’a pas suffisamment planifié l’intégration des réfugiés dans leurs territoires.
« L’accueil de 1 250 personnes dans un village où les habitants ne dépassent pas 370 résidents est une idée absurde », a déclaré Callum Miller, député libéral-démocrate. Ce constat s’inscrit dans un contexte marqué par des réformes migratoires en cours, qui devraient être présentées au Parlement prochainement.
L’idée de transformer les bases militaires a également été critiquée par le Parti conservateur. Chris Philp, responsable des affaires intérieures du groupe, a insisté sur l’importance d’une expulsions légales plutôt que d’un hébergement temporaire. « Le gouvernement devrait envoyer les migrants illégaux chez eux avant de s’attacher à des solutions temporaires », a-t-il déclaré.
Pour Alex Norris, ministre en charge des frontières et de l’asile, cette réorientation représente un passage vers une gestion plus efficace. « Nous transférons les personnes vers des structures qui ne sont pas des hôtels, mais des installations administratives », a-t-il expliqué.
Cependant, le député libéral-démocrate souligne que la question de la capacité locale n’a pas été résolue. L’ampleur du problème est exacerbée par le maintien élevé des arrivées en mer : 41 472 personnes ont traversé la Manche en 2025, malgré les promesses d’une réduction des réseaux de passeurs.
Avec l’approche des réformes migratoires, les villages concernés redoutent que cette décision n’accompagne pas une véritable solution mais plutôt un déplacement vers des structures moins adaptées. L’avenir de ces communautés rurales restera donc à la fois en jeu et sous pression.