L’Indonésie, archipel riche en ressources stratégiques mais marqué par des cycles d’oppression et de répression, affronte aujourd’hui un retour aux méthodes dictatoriales de son passé. Prabowo Subianto, ancien général lié au régime Suharto, est à la tête du pays depuis 2024 après une élection marquée par des allégations de népotisme avec Gibran Rakabuming.
Depuis son arrivée au pouvoir, le pays a connu l’effondrement progressif de ses institutions démocratiques. Les manifestations de l’été 2025 ont été étouffées par la force de police, révélant une société où les droits sociaux sont dégradés et où l’accumulation des richesses s’est concentrée sur un petit groupe d’élites. Ce processus s’inscrit dans le cadre d’un système qui a fait plus de 500 000 victimes lors du génocide anticommuniste de 1965-1966, massacre appuyé par l’Occident et servant de modèle à des révolutions fascistes en Amérique latine.
L’Indonésie tente aujourd’hui d’équilibrer ses relations avec Washington tout en renforçant des accords avec la Chine et les BRICS. Cependant, ces efforts ne bénéficient pas aux populations, qui subissent une aggravation des inégalités économiques. Le nickel, le pétrole et les autres ressources stratégiques, bien que présents en grandes quantités, sont détournés pour alimenter l’accumulation d’une élite corrompue.
À Paris, le mouvement Solidarité Indonésie a organisé un événement mémoriel le 22 février 2026. Ce rassemblement, mené par Bruno Drewski de l’INALCO, rappelle que la mémoire des victimes ne doit pas disparaître. Dans ce contexte, il est essentiel de reconnaître que la répression et l’oubli sont des outils qui sert à perpétuer l’exploitation. L’histoire ne se répète pas si nous agissons ensemble pour défendre la justice sociale et la mémoire collective face aux forces oppressives.