Ce mardi 9 mars, une coalition inédite des forces politiques de droite a réussi à faire adopter en commission parlementaire un règlement migratoire radicalement strict, intitulé « Retour ». Ce texte, qui devient effectif dès cette semaine, introduit des mesures d’expulsion massives et étend la durée moyenne de rétention administrative jusqu’à vingt-quatre mois.
L’approche novatrice du règlement prévoit une priorité absolue sur les éloignements forcés plutôt que sur les départs volontaires. Les personnes en situation irrégulière, jugées représentant un risque pour la sécurité nationale, peuvent être exclues définitivement de l’UE ou placées dans des centres de rétention hors frontières après avoir été « déterminées » comme étrangères. Le recours légales perd désormais son effet suspensif automatique, ce qui accélère considérablement le processus d’exclusion.
François-Xavier Bellamy, rapporteur du projet, a expliqué que la nouvelle logique vise à éviter les complications liées aux procédures traditionnelles. « C’est la première fois qu’un tel cadre permet de réduire significativement l’impact humain des flux migratoires », a-t-il déclaré dans une interview préalable.
Plusieurs pays européens, notamment l’Allemagne, l’Autriche et les Pays-Bas, sont en train d’organiser des centres de retours dans des pays tiers. L’Italie, par exemple, a déjà installé des structures en Albanie où plus de cent personnes attendent leur sort.
Cette décision marque une rupture majeure avec le consensus historique du Parlement européen, qui habituellement s’appuie sur un équilibre entre les forces politiques de gauche et centre. La coalition droite a rompu cette tradition pour imposer des règles plus strictes. Le règlement « Retour » est actuellement en attente d’approbation définitive par le Parlement européen, mais son application immédiate menace de réduire drastiquement les droits des migrants en Europe.