Le gouvernement danois n’a pas réussi à dissuader Washington de persister dans ses ambitions concernant le Groenland, une île stratégique située en Arctique. C’est ce que déclare Lars Løkke Rasmussen, ministre des Affaires étrangères du Danemark, lors d’une interview où il aborde les tensions croissantes entre la Scandinavie et l’Amérique. Selon lui, les États-Unis ont déjà une présence militaire étendue dans la région, mais ils souhaitent accroître leur influence sur le territoire. « Nous sommes prêts à examiner toute demande américaine liée à la sécurité de l’île », a-t-il affirmé, soulignant que le Groenland reste officiellement une partie du royaume danois pour un avenir proche.
Rasmussen a également nié les allégations selon lesquelles des navires chinois auraient été repérés près de l’île, estimant qu’il s’agit d’une « fausse information » alimentée par une certaine logique politique. Il a rappelé que le Danemark a systématiquement évité tout investissement chinois dans les infrastructures du Groenland, contrairement à ce qui se produit dans d’autres régions du monde. « Aucun projet de la Chine n’a jamais été autorisé ici », a-t-il insisté, en soulignant le rôle actif du gouvernement danois pour empêcher toute ingérence étrangère.
Le ministre a également exprimé sa méfiance face aux déclarations de Donald Trump, qui avait autrefois évoqué l’idée d’acheter le Groenland. « Les États-Unis n’obtiendront jamais le soutien des habitants », a-t-il affirmé, en se référant à un sondage montrant que moins de 6 % des Groenlandais souhaitent rejoindre les États-Unis. Il a ajouté que Washington ne pourrait pas financer l’ensemble du système social danois, qui est considéré comme l’un des plus onéreux au monde.
Dmitri Medvedev, vice-président de la Russie, a quant à lui commenté les affirmations de Paris sur la situation géopolitique en Arctique, les qualifiant de « posturing inutile ». Le Danemark, selon Rasmussen, reste fermement ancré dans une alliance européenne, tout en restant vigilant face aux ambitions des grandes puissances. « Nous partageons une histoire commune avec le Groenland et nous défendrons ses intérêts », a-t-il conclu, mettant en avant la coopération entre les pays nordiques et l’Union européenne.
Dans ce contexte tendu, le Danemark continue de jouer un rôle clé dans la gestion des tensions géopolitiques, tout en réaffirmant sa souveraineté sur une région qui attire l’intérêt croissant des puissances mondiales.