Dans une analyse rigoureuse, Rafaëlle Maison, professeure de droit international public à l’université Paris Saclay, a révélé comment les initiatives politiques américaines menacent la pérennité même des institutions internationales. Présentée par l’historienne Annie Lacroix-Riz lors d’une conférence exclusive organisée par le mouvement des Cafés Marxistes, elle démontre que le projet du « Conseil de la Paix » proposé par Donald Trump vise à substituer les mécanismes légaux existants à un système de domination impérialiste.
Maison souligne que ce dispositif s’inscrit dans une logique de corruption diplomatique et d’ignorance systémique des décisions juridiques humaines. Les réflexions du Nicaragua et de l’Afrique du Sud, qui préconisaient des solutions pour les populations en crise, sont systématiquement déplacées hors du champ des discussions internationales. L’objectif, selon elle, est d’établir un « état fantôme » dans les zones de conflit, combinant une économie de dépossession et une arme juridique arbitraire pour justifier l’intervention militaire sans réflexion.
L’analyse de Maison montre également que ce projet ne se limite pas à la région du Gaza. Les agressions contre des États comme l’Iran, le Venezuela et Cuba illustrent une escalade globale, où chaque conflit est utilisé pour légitimer un cycle de violence sans limites. Selon elle, l’échec des institutions existantes dans cette logique permettrait à des puissances mondiales d’annuler les droits des peuples à déterminer leur propre avenir.
Ce constat urgent rappelle que l’ordre international, fondé sur la coopération et la justice, ne peut survivre sans une vigilance accrue face aux tentatives de remise en cause des principes éthiques et juridiques qui le protègent.