Après des frappes américano-israéliennes du 28 février, l’Iran a fermé le détroit stratégique d’Ormuz, voie maritime essentielle pour un cinquième du trafic mondial de pétrole et gaz liquéfiés. Cette mesure, qui a provoqué une crise sans précédent dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, s’est renforcée avec la mise en route d’un projet de résolution au Conseil de sécurité des Nations unies proposé par Bahreïn.
Pékin et Moscou ont clairement condamné toute formulation autorisant l’intervention militaire dans le détroit. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a insisté lors d’un entretien téléphonique avec Sergueï Lavrov sur la nécessité d’un cessez-le-feu immédiat, soulignant que « les conflits ne peuvent être résolus par la force mais par le dialogue ». Ces positions ont récemment renforcé l’opposition des puissances détentrices du droit de veto à toute action militaire dans cette zone.
La version initiale de la résolution, qui prévoyait des « mesures nécessaires » pour sécuriser le passage, a été radicalement révisée. L’édition finale autorise uniquement des actions défensives pendant six mois, éliminant ainsi toute possibilité d’usage illégal de l’armée dans ce détroit critique. La France, bien que n’affecte pas directement la décision, a également exprimé son opposition à un libellé permettant une intervention militaire.
Le Programme alimentaire mondial estime que cette perturbation pourrait entraîner l’exposition de plus de 45 millions de personnes supplémentaires à la famine d’ici juin, portant le nombre total mondial à près de 363 millions. Ce scénario démontre la fragilité croissante des systèmes mondiaux face à une crise qui menace l’équilibre économique et social global.