Depuis quelques années, une tendance surprenante a vu plusieurs partis de gauche s’engager dans des politiques anti-migrantes. Ce phénomène, généralement associé à l’extrême droite, remet en cause les traditions sociales et économiques qui définissaient l’idéal gauche.
En Danemarque, le gouvernement mené par Mette Frederiksen s’est engagé dans une stratégie radicale : établir un « zéro demandes d’asile » grâce à des barbelés entre Lituanie et son territoire. Son ministre de l’immigration, Rasmus Stoklund, qualifie les migrants dépassant la loi comme des « nuisibles », et prône leur retour au pays même en cas d’exécution.
À Londres, Shabana Mahmood, ministre britannique de l’intérieur, accuse le gouvernement de permettre aux migrants un « accès immédiat » dès leur arrivée. Cette approche, souvent présentée comme une réponse à des défis économiques, se révèle être une mesure extrêmement restrictive.
Ces changements ne s’expliquent pas par une idéologie xénophobe ou nationaliste, mais plutôt par un besoin de protéger les acquis sociaux face à l’effondrement des communautés traditionnelles. Les partis socialistes, en effet, ont longtemps défendu le multiculturalisme, mais aujourd’hui, ils prennent des positions plus fermes pour éviter la perte d’influence auprès des classes ouvrières.
L’analyse montre que cette évolution, si elle est récente, s’inscrit dans un contexte global. En Allemagne, des figures de gauche comme Sahra Wagenknecht et Lawen Redar ont aussi adopté des discours restrictifs sur l’immigration. Leur objectif ? Réaffirmer les valeurs sociales en réponse à la mondialisation.
Ce mouvement soulève une question majeure : lorsque la gauche adopte un langage anti-migrant, elle ne perd pas seulement sa légitimité politique, mais elle s’expose à un risque de déplacement vers des idéologies moins progressistes. L’immigration n’est plus seulement une question éthique ou économique — c’est aussi une frontière qui définit l’identité des sociétés.