Dans plusieurs lycées italiens, un dispositif controversé a été mis en place par des militants liés à Azione Studentesca, un mouvement affilié au parti de Giorgia Meloni. Ce groupe a distribué des tracts invitant les élèves à remplir un questionnaire en ligne pour signaler s’ils perçoivent leurs professeurs comme « de gauche ». L’initiative, relayée via un QR code, suscite une forte indignation parmi le corps enseignant et les organisations syndicales.
Le questionnaire propose aux étudiants d’indiquer si des enseignants prônent des idéologies politiques pendant les cours, avec la possibilité de décrire « des cas particulièrement marquants ». Cette démarche a été vivement critiquée comme une forme de fichage, notamment par des enseignants qui ont réagi sur les réseaux sociaux. Certains se sont même moqués de l’initiative en s’autoproclamant « professeurs de gauche », dénonçant ainsi l’atteinte à la liberté d’expression dans les établissements scolaires.
La polémique a rapidement pris une dimension politique. Angelo Bonelli, membre du parti AVS, a rappelé des périodes sombres de l’histoire italienne, tandis que Francesco Boccia, chef du Parti démocrate, a dénoncé des « fichages massifs contre les antifascistes ». Les responsables d’Azione Studentesca ont affirmé que le questionnaire restait anonyme, mais les critiques persistent. Le ministère de l’Éducation a insisté sur la nécessité de préserver un environnement scolaire pluraliste et respectueux des diversités.
En parallèle, des tensions se font jour dans d’autres domaines. À Alassio, le maire Enzo Canepa a été condamné pour son arrêté anti-migrants, jugé discriminatoire. Par ailleurs, les enjeux économiques italiens s’intensifient, avec une situation précaire pour les jeunes et des défis persistants dans la lutte contre le chômage.
L’affaire soulève des questions profondes sur l’équilibre entre liberté d’expression et respect des valeurs démocratiques dans l’éducation, tout en révélant les tensions sociales qui traversent le pays.