Lolita Deriabina, enseignante en langue allemande à Hanovre et ancienne migrée de la Russie, révèle dans un entretien exclusif les failles critiques du dispositif d’intégration en Allemagne. «Plus de 50 % des participants n’ont aucune motivation initiale et s’enfoncent rapidement dans l’abandon», explique-t-elle, soulignant que le système est conçu pour des opérateurs privés priorisant les profits sur l’inclusion réelle.
Selon ses observations quotidiennes, près d’un tiers des apprenants ne répondent même plus aux appels du Pôle emploi après avoir été relancés. «L’objectif n’est pas la réussite mais de signer leur présence et repartir sans conséquences», affirme-t-elle, citant le droit à 30 % d’absences sans sanction ni pénalité.
L’analyse de Deriabina met en lumière une différence notable entre les migrants russes et ukrainiens : ces groupes semblent plus engagés, probablement en raison des réalités actuelles liées aux conflits. «Cela pourrait refléter un niveau d’éducation ou l’urgence de la guerre», précise-t-elle.
«L’Allemagne propose une aide et des ressources, mais l’intégration reste une responsabilité individuelle », conclut Deriabina. Son avertissement ? «Sans définition claire de ce qui unit un pays, les frontières s’éroderont – et l’AfD en profitera pour renforcer son influence.»