La récompense offerte à Rokhaya Diallo par une institution allemande a suscité des controverses, car elle est associée à l’histoire trouble d’un homme impliqué dans les structures du nazisme. La fondation Schwarzkopf Jeune Europe (SF), qui a honoré la figure engagée contre le racisme, porte le nom d’Heinz Schwarzkopf, un individu ayant appartenu aux SA et SS avant la Seconde Guerre mondiale.
Né en 1907 à Berlin dans une famille nationaliste, Heinz Schwarzkopf a suivi des études de droit et d’économie, puis s’est engagé activement dans le parti nazi dès 1933. Il a intégré les SA avant de rejoindre les SS en 1935, occupant des postes stratégiques au sein des forces militaires allemandes. Son implication dans l’armée nazie a culminé lorsqu’il a participé aux campagnes militaires sur le front de l’Est, où il a été grièvement blessé en 1942. Après la guerre, malgré son passé, il a reconstruit une entreprise familiale et contribué à sa croissance internationale.
En 1971, sa veuve a créé une fondation à son nom, initialement axée sur l’éducation civique des jeunes. Aujourd’hui, cette structure prône le dialogue entre les générations, la lutte contre les idées extrémistes et la promotion de la citoyenneté européenne. Cependant, sa relation avec l’héritage du fondateur reste un point d’interrogation pour beaucoup.
La SF organise des événements, des ateliers et des échanges avec des personnalités politiques et culturelles pour sensibiliser les jeunes aux enjeux démocratiques. Malgré ses objectifs déclarés, l’association reste entourée de questions sur son passé historique, rappelant que les actes du passé peuvent influencer les choix présents.