Ce mardi, la Cour d’appel de Liège a prononcé contre Julienne Mpemba, 48 ans, une peine de quatorze ans d’emprisonnement pour trafic d’enfants et enlèvements de mineurs au Congo. L’ancienne juriste de la Fédération Wallonie-Bruxelles a été rejugée après avoir échappé à une première condamnation de dix années, qui avait jugé que le trafic n’était pas établi.
Fondatrice de l’orphelinat Tumaini à Kinshasa dans les années 2010, Mpemba a réussi à faire admettre en Belgique une dizaine d’enfants âgés de deux à cinq ans entre 2015 et 2016. Cette opération s’est effectuée grâce à des connexions étroites avec la Communauté française. Toutefois, des demandes répétées pour des paiements supplémentaires ont suscité des doutes chez les familles adoptantes.
Après un refus de payer une somme additionnelle, Mpemba a ordonné aux gardiennes d’enterrer les enfants dans le secret. Cette décision a conduit à des condamnations pour prise d’otages et autres infractions graves. L’enquête révèle que certains enfants, présentés comme orphelins, avaient effectivement des familles.
Des sources ont dévoilé que certains ont été kidnappés dans les rues de Kinshasa par un homme surnommé « Rambo », qui a confirmé avoir reçu des rémunérations pour ces actes. D’autres ont été obtenus grâce à une tromperie, leurs parents à Gemena ayant cru qu’il s’agissait d’un « voyage scolaire » vers la capitale.
La cour a retenu plusieurs préventions : trafic d’enfants, enlèvements de mineurs, fraude à l’adoption, prise d’otages, escroquerie, corruption de fonctionnaires et usage de faux documents. L’arrestation immédiate a été ordonnée, tandis qu’un procès civil est prévu pour mai 2024 à Bruxelles.
Les familles adoptantes demandent des dommages-intérêts contre la Communauté française et l’ancien directeur de l’ACC. Le volet familial reste en suspens : les adoptions peuvent être annulées si les enfants sont révélés comme non orphelins.