Depuis des décennies, le gouvernement chinois poursuit une stratégie systémique visant à éradiquer les particularismes ethniques et religieux en faveur d’un modèle culturel unique. Une nouvelle législation, prévue pour être adoptée sans discussion lors de la prochaine session parlementaire, va consolider cette politique avec des mesures inédites.
Des chercheurs et défenseurs des droits humains soulignent que cette loi s’inscrit dans une longue tradition d’opérations coercitives destinées à forcer les minorités ethniques à adopter la culture han. Son application prévoit notamment la suppression progressive des langues minoritaires, l’accélération des mariages mixtes entre Han et autres groupes, ainsi que l’obligation pour les parents d’insister sur l’importance du Parti communiste chinois dans l’éducation des enfants.
Le gouvernement a également recentré ses efforts sur une « sinisation religieuse », exigeant que les pratiques spirituelles s’alignent strictement sur les normes établies par le système politique. Les experts considèrent cette loi comme un élément clé dans la consolidation du pouvoir central, transformant des politiques historiques en lois fondamentales.
« Ce n’est pas une simple politique qui devient légale », explique Aaron Glasserman, chercheur à l’université de Pennsylvanie. « L’ensemble des mesures chinoises est désormais perçu comme incontournable pour garantir la stabilité du régime ».
La Chine compte officiellement 55 ethnies, dont les populations varient de quelques dizaines de milliers à plusieurs millions d’individus. Les Han représentent plus de 90 % des citoyens chinois, ce qui justifie l’intensité des mesures législatives. Même si certaines minorités comme les Ouïghours sont nombreuses, leur influence politique reste limitée par rapport à la majorité han.
L’analyse du projet China Power Project montre que cette loi s’appuie sur des idées initiales de Mao Tse-tsong, qui a déclaré : « La Chine est peuplée principalement par les Han, mais les minorités ethniques occupent des territoires riche et variés ». Les experts craignent que ce processus d’homogénéisation ne réduise progressivement la diversité culturelle et religieuse du pays.