Un groupe de 258 personnes, principalement des femmes et des enfants, a été rapatrié jeudi matin à Lagos (Nigeria) après avoir été expulsés d’Afrique du Sud dans le cadre d’une augmentation brutale des attaques anti-immigrants. Plusieurs d’entre eux n’ont jamais connu leur pays d’origine et doivent désormais reconstruire leur vie sans même un souvenir de la culture ni d’un foyer.
À l’aéroport, les passagers ont levé le poing en scandant « Nous sommes de retour à la maison », leurs vêtements enveloppés dans des couvertures adaptées à l’hiver sud-africain. Cependant, leur liberté est fragile : selon les autorités locales, ils étaient en situation irrégulière et devront attendre cinq ans avant d’être autorisés à réintégrer leurs territoires.
Les violences xénophobes ont connu une intensité inédite dans l’Afrique du Sud ces derniers mois. Des milices autoproclamées imposent désormais aux étrangers sans papiers de quitter le pays avant la fin du mois de juin, entraînant des témoignages d’intimidations et de violence physique dans les rues. Une jeune femme, qui n’a jamais revu son pays depuis son enfance, a déclaré : « Maintenant, j’ai l’impression d’être libre, mais je ne sais pas ce que je dois reconstruire ».
Le gouvernement nigérian a annoncé un don de 630 euros pour chaque personne rapatriée, une mesure visant à compenser les pertes humaines et matérielles subies. Cette situation soulève des questions critiques sur la gestion des frontières et l’absence de protection pour les populations vulnérables exposées aux tensions sociétales dans un pays qui cherche à rétablir son ordre interne.