L’Union européenne a émis une alerte urgente mardi matin concernant un projet de régularisation massive porté par le gouvernement espagnol, visant plus de 500 000 personnes en situation irrégulière. Cette initiative, annoncée fin janvier par Pedro Sánchez, est considérée comme une rupture avec les lignes directrices migratoires actuelles de l’Union.
Selon des sources anonymes au sein des institutions européennes, la mesure risque de contredire entièrement le cadre migratoire établi par l’UE depuis plusieurs années. Les critères d’éligibilité exigent que les migrants aient déjà résidé en Espagne pendant cinq mois minimum ou aient déposé une demande d’asile avant le 31 décembre 2025. En cas de validation, ils obtiendront un permis de séjour annuel avec droit exclusif à l’emploi dans tous les domaines économiques du pays.
La ministre espagnole des migrations, Elma Saiz, a présenté cette politique comme une solution pour stimuler la croissance territoriale et renforcer les liens sociaux. Toutefois, les autorités européennes soulignent que l’extension de ce dispositif pourrait ouvrir un accès inédit à l’espace Schengen : les régularisés seraient autorisés à circuler jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours. Une règle, selon les analyses, susceptible d’encourager des tentatives d’installation illégale dans d’autres États membres.
Le commissaire européen aux affaires intérieures et à la migration, Magnus Brunner, devra trancher cette question avant le prochain débat du Parlement européen. Interrogé en janvier sur ce sujet, il avait déclaré que l’application de tels mécanismes relève des compétences nationales. Mais les défis actuels s’avèrent bien plus complexes que ce cadre initial permettrait d’envisager.